Pourquoi un cosy mystery paranormal ?đ»
- Jessica

- il y a 7 jours
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Par Jessica Dubois
La question revient souvent.
Pourquoi le paranormal ? Pourquoi une mĂ©dium ? Pourquoi ne pas avoir Ă©crit un cosy mystery classique : un village, un meurtre, une enquĂȘtrice ordinaire ?
La réponse est simple.
Parce que je ne suis pas une autrice ordinaire. Et parce que Violine Beaumont, au fond, c'est un peu moi.
Ce que peu de gens savent
Je suis cartomancienne et j'ai la faculté de recevoir des messages.
Des défunts, parfois. Des guides, souvent. Ces présences qui se manifestent à travers les cartes, les ressentis, les images qui arrivent sans qu'on les ait appelées.
Ce n'est pas quelque chose que j'ai cherché. C'est quelque chose qui s'est révélé progressivement, doucement, comme une langue qu'on apprend sans cours par immersion, par expérience, par écoute.
Ce n'est pas quelque chose que je dis facilement. Pas parce que j'en ai eu honte, par peur du jugement, mais plus maintenant. Parce que j'ai appris, à mes dépens, que ces mots déclenchent deux réactions bien distinctes : le scepticisme moqueur ou l'idéalisation excessive. Les deux sont épuisants.
Quand j'ai commencé à assumer publiquement cette dimension de qui je suis, j'ai eu droit à tout. "Jessica est devenue folle." "Elle s'invente des pouvoirs pour se rendre intéressante." J'ai perdu quelques amis en route ceux qui ne pouvaient pas accepter cette partie de moi.
Avec le temps, j'ai appris à ne plus me justifier. Je ne cherche plus à convaincre les sceptiques. Je dis simplement : j'ai le droit de vivre mes expériences.
Et écrire L'HéritiÚre des FantÎmes a été, entre autres choses, une façon d'assumer cela pleinement.
Un don qui ne s'explique pas, il s'apprivoise
Ce que je vis, Violine le vit.
Violine entend les morts. Moi je les reçois autrement à travers les cartes, les ressentis, les messages qui arrivent quand on sait se taire et écouter vraiment.
La forme est diffĂ©rente. L'essentiel est le mĂȘme.
Cette façon de percevoir ce que les autres ne perçoivent pas. Ces impressions qui arrivent sans prévenir. Cette porosité entre soi et ce qui nous entoure : les gens, les lieux, parfois quelque chose de plus difficile à nommer.
Violine a hérité de son don de sa grand-mÚre Joséphine. Dans ma vie, cette transmission familiale résonne aussi. Les dons spirituels ne tombent pas du ciel au hasard, ils voyagent, de génération en génération, souvent par les femmes, souvent en silence.
Ce que j'ai voulu montrer dans ce roman, c'est quelque chose que j'ai vĂ©cu moi-mĂȘme : le chemin entre fuir ce qu'on est et finalement l'embrasser.
Violine arrive en Provence en voulant tourner le dos à son don. Elle veut une vie normale, des tisanes, de la lavande, et le calme. Les morts en décident autrement.
C'est une histoire que je connais bien.
Pourquoi le cosy mystery plutĂŽt qu'un autre genre
J'aurais pu écrire un roman de développement personnel sur la cartomancie. J'aurais pu écrire un témoignage.
Mais la fiction permet quelque chose que le témoignage ne peut pas faire, elle laisse entrer le lecteur sans le brusquer. Elle dit les choses en douceur. Elle permet d'explorer des territoires inconnus avec la sécurité d'une histoire bien construite autour de soi.
Le cosy mystery était le cadre parfait pour ça.
Un genre chaleureux, rassurant, ancrĂ© dans le concret : les plantes, les recettes, les personnages du village, la Provence et au cĆur duquel j'ai glissĂ© quelque chose de plus subtil. Une hĂ©roĂŻne qui entend les morts. Un don qui se dĂ©veloppe au fil des pages. Une façon douce d'aborder le paranormal pour toutes celles qui ont peut-ĂȘtre, elles aussi, des perceptions qu'elles n'osent pas encore nommer.
Ce que Violine dit que je n'aurais pas dit autrement
Violine est hypersensible, médium, imparfaite et courageuse.
Elle doute. Elle a peur. Elle prépare des tisanes quand elle ne sait plus quoi faire, ce qui est une stratégie que je recommande vivement.
Mais elle avance. Toujours. Parce que les morts lui demandent justice et parce qu'elle est, au fond, incapable de fermer les yeux sur ce qui ne va pas.
En l'Ă©crivant, j'ai mis dans ses mots ce que j'avais mis des annĂ©es Ă comprendre sur moi-mĂȘme :
Le don n'est pas un fardeau dont on doit se débarrasser. C'est une responsabilité qu'on apprend, lentement, à porter avec grùce.
Pour les femmes qui se reconnaissent
Cet article est aussi pour elles.
Pour celles qui ont des perceptions qu'elles n'osent pas dire Ă voix haute. Pour celles qui sentent les choses, les lieux, les gens sans pouvoir expliquer comment. Pour celles qui ont grandi en croyant que quelque chose n'allait pas chez elles.
Vous n'ĂȘtes pas folles. Vous ne vous inventez rien. Vous ĂȘtes, peut-ĂȘtre, simplement cĂąblĂ©es diffĂ©remment.
Et si vous cherchez un roman oĂč une femme comme vous trouve enfin sa place en Provence, avec un chat persan trop sagace et des fantĂŽmes qui ont des choses importantes Ă dire ...
Violine vous attend. đ»đżđââŹ



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